Thursday, May 17, 2012

Nutella maison!!

Chez nous on a toujours été passablement grano.  Je veux dire, depuis ma petite enfance, et je transmets maintenant mes convictions à mes propres enfants, à leur grand désespoir bien souvent!  Ainsi un pot de nutella est aussi bienvenu ici qu'une gousse d'ail chez un vampire.  Les enfants l'ont compris et même si la bave leur coule devant les tartinades à l'épicerie, ils ne demandent même plus.  Mais dernièrement, en les voyant se jeter sur des biscuits au chocolat comme la misère su'l pauvre monde, je me suis demandée si mes interdictions n'avaient que du bon.  J'ai l'impression que je suis en train de créer un fantasme géant...  Ça me rappelle quand j'allais chez Julie après l'école pis que je me garochais sur la boîte de Jos Louis comme un vautour sur un rat.  Julie était tranquille à côté pendant que j'engloutissais ma précieuse collation, parce qu'elle savait qu'il y aurait encore des ptits gâteaux le lendemain, pis le jour d'après.  

En réfléchissant à tout ça, j'ai donc décidé de ramollir mes dogmes alimentaires.  Mais en respectant toujours les principes qui me tiennent à coeur.  J'allais donc choisir des ingrédients de qualité et tout fabriquer moi-même.  Voilà donc comment j'en suis venue à chercher des recettes de nutella un peu partout sur le net, et j'ai crée ma propre version, rééquilibrée à ma façon, moins de sucre, moins de gras, plus de noisettes.  Mais attention, c'est pas encore une recette santé!!!


Tout commence par des noisettes, qu'on fait griller au four pour pouvoir en enlever la peau.  Après 15 minutes au four à 150 degrés C (300F), la peau est très facile à enlever, entre les doigts.


Et voilà le travail!  Y'a toujours quelques noisettes qui refusent de se mettre tout-nu...

Puis on passe les noisettes mondées au moulin à café pour les mettre en poudre.  Parfois il reste des morceaux plus gros, et c'est très bon, ça donne un petit craquant.  Ce petit craquant qui m'a tant énarvée de Di Stasio.
 

Et les noisettes qui ne se laissent pas déshabiller facilement, on les met dans un pot, et c'est trop bon en collation.
Noisettes pudiques

On mesure le lait concentré sucré
 


Le beurre
 
Et l'incontournable chocolat.  J'aime beaucoup faire le nutella avec du chocolat noir, mais Audran et les enfants le préfèrent au chocolat au lait.   Donc je fais moitié-moitié, et tout le monde est content!  Si vous prenez uniquement du chocolat noir, vous voudrez peut-être augmenter un peu la quantité de lait concentré sucré.  
 
100gr de chocolat, ça correspond normalement à une tablette. 

Dans un bain-marie, mettez tous les ingrédients excepté les noisettes.  Laissez fondre en remuant. 
 
Quand c'est bien fondu, ajoutez les noisettes.



Voilà!
Comment résister?

Ingrédients: 
60 gr de noisettes grillées et mondées (1/2 tasse)
140 gr de lait concentré sucré (1/2 tasse)
100 gr de beurre (approx. 1/2 tasse)
100gr de chocolat

Ça se conserve au frigo environ 2-3 semaines.

Recette inspirée de ce blog 


Posted by Picasa

Wednesday, May 16, 2012

Épopée sur roue et tête de minou

Il est 10h du mat et je décompresse enfin d'un matin rushant, amener les enfants à l'école, passer acheter les légumes pour le souper, et juste en tournant le dernier coin de rue vers la maison, j'entends un clac-clac-clac dans ma roue arrière, je regarde: une tige de métal est plantée dans mon pneu.  Crevaison.  Impossible de rouler sur un pneu crevé, je mets le cadenas dans ma roue, je prends mes sacs, et il me reste un demi-kilomètre à marcher, ça va pas être facile!!  Mais pas le choix.  Comment les toutes petites choses, comme un demi-kilomètre, peuvent devenir vraiment compliquées....  Alors que je commence à déambuler vers la maison, un gars à scooter arrive rapidement vers moi, et me dit:


- C'est toi qui a eu une crevaison?
 - Eh, ouais.


Je l'amène vers mon bolide, je regarde autour, il y a un garde de sécurité, je lui demande:


- C'est vous qui avez téléphoné au monsieur?
- Non!


Il a reçu l'appel du bon dieu ou quoi?!  Avant qu'il commence, je demande à l'émissaire des chambres à air combien ça va coûter (j'ai appris ça de mes précédentes mésaventures, toujours demander AVANT):


- 5 kuai
- Ok, c'est vraiment rien, que j'me dis


Il me répare mon pneu en 5 minutes chrono, il y a même un autre mec qui arrive pour lui donner un pneu parce que ma trippe est fendue, mais aussi mon pneu est vraiment magané.
Mais 5 kuai, c'était seulement le tarif main d'oeuvre, parce qu'après la réparation, il me lance :


- La trippe c'est 70 kuai et le pneu, 110 kuai.

  Gloups.  Il ne fait pas dans l'oeuvre humanitaire cet envoyé de dieu!  C'est les tarifs divins ça?  Bon, je me démerde pour trouver le montant et je le remercie, parce qu'après tout, en 5 minutes j'étais de retour chez moi avec mon scooter réparé, et je suis prête à payer pour ça sans grogner.  Morale de cette histoire:  c'est pas toujours suffisant de demander le prix avant, faut demander le prix DÉTAILLÉ! (voir EDIT plus bas)


Mais au départ je ne voulais pas vous parler des tribulations d'une motarde et de l'inflation divine, mais plutôt continuer sur le thème minou, cette fois sur un ton plus léger.  Et plus sucré!




Voici des jolis biscuits que nous avons faits moi et Claude.  L'idée originale des minous avec des yeux en chipits vient d'Ari, qui m'avait raconté le succès de ses petits sablés. On a poussé un peu l'affaire moi  et Claude, en y ajoutant des moustaches et un nez.  C'était beaucoup de travail, mais effet garanti!  Pour faire cette recette il suffit de prendre une recette de petits sablés pas trop cassants (pas nos biscuits de Noël, trop friables!), un emporte-pièce en tête de chat et des petites garnitures en bonbons et en choco, pour des ptits minous uniques!




EDIT: Pour la crevaison, j'ai appris par d'autres femmes étrangères comme moi, que c'était la magouille de l'heure, plusieurs ont eu des crevaisons dans le quartier, de la même façon que moi, à un feu rouge, une tige de métal planté dans le pneu.... Et après un gentil réparateur et son acolyte viennent te sauver de la misère (et te ruiner par le fait même).  Envoyé de dieu?  Apôtre de satan...    

Tuesday, May 15, 2012

Dur dur de vivre sans sa maman


(Texte écrit un lundi il y a environ 2 mois): 

Samedi on s’en allait tout bêtement (Moi, Lenny, Claude, et son amie Mélia) faire couper les ongles de Ninja quand, en passant dans la ruelle derrière chez nous, on entend des cris de bébé chat.  Les enfants, alertés, se mettent à regarder partout, et rapidement, on trouve cette petite créature couchée entre un ziploc et un os de poulet, dans l’herbe.  Il est couché en étoile, bébé chat encore paralysé.  Les enfants le prennent, et on voit qu’il a encore le cordon ombilical et les yeux fermés, c’est un petit rouquin.  Déjà, depuis la première fraction de seconde où il a été aperçu par les enfants, il était hors de question de le laisser abandonné à son sort.  Et hop, je me retrouve toute seule avec Lenny et le chien, qui n’est dorénavant qu’un cabot sans importance, à foncer vers l’animalerie (où je devais faire couper les ongles de Ninja, mais au diable, qu’elle marche sur des macaronis longs de 2 pouces.  Non, j’allais maintenant acheter un biberon et du lait pour chaton).   De retour à la maison, la merveilleuse bestiole refuse le biberon et s’époumone à tout va.  Pour le moment, c’est mignon.   Et rapidement, il a un nom, il s’appelle Fanta, et puis “On va le garder hein, il est à nous pour toute la vie hein?”  On se calme!  Je vais voir sur internet pour savoir quoi faire avec cette boule de poil, et je lis: “doit boire aux 2 heures”, “ne fait pas ses besoins seul, on doit le stimuler avec des massages du périnée”, et là je me demande “dans quoi je me suis embarquée!?”.  Alors la première journée, il refuse le mignon petit biberon que j’ai acheté pour lui à 10 piasses, c’est l’alimentation au compte-gouttes, et il se débat comme si on voulait lui couper la tête (en fait, moi je veux bien lui tordre le cou, minimum).  Et la nuit me revient le merveilleux souvenir d’avoir un nouveau-né quand aux 3 heures j’entends "miaou miaou" dans la boîte et je dois aller chauffer du lait.  Par contre pour le massage de l’entre-jambes, on présente les fesses du bébé à Ninja, et elle lui fait sa toilette.


Miam!


D’ailleurs par la suite notre chienne s’investi complètement de l’hygiène et de la sécurité du bébé, elle le lèche toute la journée, il faut l’arrêter quand on voit que le chat dégouline de bave.  Le dimanche le bébé accepte enfin de prendre le biberon et il est tellement mignon!! (attention, ne vous attachez pas, la suite est tragique)


Le dimanche, la scène vous aurait tiré une larme, le chaton qui tète la bouteille, le chien qui s’occupe du chaton, tout roule et on se dit “la nature est bien faite”  Puis le dimanche soir on sort, moi je suis contente de m’aérer parce que mine de rien, c’est du boulot un nouveau-né!   Au retour il miaule dans sa boîte, on lui donne le bib, et c’est le lundi que ça dégénère.  Le matin il semble bien, et rapidement, il ne veut plus téter et alors que la veille il grimpait partout, là il reste couché sur place sans aucun tonus.  Mais tout cela ne l’empêche pas de chialer et Ninja, qui est maintenant sa mère officielle, fait les cent pas dans la maison en pleurant.  Je sors le chaton de la boîte pour le coucher avec Ninja, elle s’en occupe, mais visiblement elle angoisse.  À deux reprises elle sort elle-même le chaton de la boîte, pour me l’amener, alors que je fais la vaisselle, une activité relaxante dans les circonstances.  "Mais qu'est-ce que je peux bien faire pour ton bébé ma pauvre Ninja?!!"  Elle me fait peine à voir, petite maman désemparée.    


Je suis aussi démunie qu’elle, même que je trouve qu’elle s’en sort beaucoup mieux que moi en vrai.  Le chat commence à respirer par la bouche, c’est vraiment pas bon signe ça!   Donc le lundi, ça a été l’angoisse et je me doutais bien qu’il allait pas s’en sortir, il devenait de plus en plus mou.  Notre scène miraculeuse et magique de la veille avait vraiment tourné au cauchemar, un chaton mourant qui miaule et une chienne qui pleure en tournant autour de sa boîte, cette situation m’irritait au plus au point et plusieurs fois dans la journée j’ai souhaité qu’il meure au plus vite pour que cette scène cesse.  Le silence est revenu il y a une heure. Il est 1h30 du matin, je viens de me réveiller, pour voir le minet, Ninja s’est calmée, et dans la couverture, la petite boule est inerte, la bouche ouverte, mais enfin elle a l’air plus paisible.  Demain ça va être l’annonce aux enfants, l’enterrement, le deuil.  Je me dis qu’on aurait peut-être dû le laisser dans le gazon samedi, la conclusion aurait été la même, juste plus vite.  Mais en même temps, je me dis qu’on lui a offert une fin digne et pleine d’amour.  Adieu ptit minou!  


Premières nouvelles de 2012

Je réalise que je ne suis pas venue ici depuis presque 1 an.  D'abord par manque de temps, parce que j'ai eu la visite de ma mère:





Puis de mon père:





Qui ont courageusement voyagé jusqu'ici.


Puis je ne suis pas revenue sur ce blog, parce que j'ai eu un passage à vide.  Écoeurée.  De tout.  Surtout de mes jambes qui refusent de plus en plus de me transporter.




Mais comme je ne peux pas rester assise toute la journée, j'ai commencé à me promener en scooter.  Ninja a appris à se promener en scooter avec moi.




On a vécu l'arrivée et le départ d'un bébé chat (je vous en parlerai plus longuement)



Lenny a eu 5 ans.





J'ai eu 34 ans. (Claude m'a fait cette robe en cadeau)




Bon, et après tout, il n'y a pas que le mouvement qui nous fait bouger.
J'ai recommencé à lire.  Un peu, des livres.  Ironiquement, je me suis mise à lire beaucoup de blogs.


Et j'ai découvert les blogs de cuisine!




Plusieurs scandales alimentaires ont secoué la Chine dans les derniers mois et tout cela a crée comme une paranoïa chez nous, et j'ai décidé de créer la certification "Tremblay":  je surveille tout ce qui rentre ici, et je cuisine dorénavant presque tout.  Bon, je ne fais pas encore mon fromage pis ma farine, mais je choisis mes ingrédients avec soin.  Vous allez certainement découvrir mes petites fantaisies culinaires dans mes prochains posts, et selon l'inspiration et les aventures du quotidien, je ne sais pas encore de quoi je vais vous causer.  Mais en tout cas, je vais essayer de repasser avant 2013!




Tuesday, June 21, 2011

Un expérience vraiment intéressante! (part 2)

Un autre plat que j’apprécie beaucoup et tout simplement pour sa saveur et sa texture: le mapo tofu. Il est composé de petits cubes de tofu soyeux dans une sauce  piquante et onctueuse, dans laquelle on met aussi un peu de porc haché pour nuancer la consistance veloutée du tofu seul.  Le mapo tofu peut être extrêmement épicé et ce qu’il y a de surprenant lorsqu’on le mange, c’est qu’à cause du poivre de Szechuan, ce plat nous engourdi la bouche!  C’est un peu comme lorsqu’on se met la langue sur une pile 9 volt, mais la sensation s’étend dans toute la bouche. C’est très inquiétant la première fois!


En Chine on mange aussi beaucoup de nouilles, elles sont accessibles et faciles à aimer.  Moi, celles que j’apprécie particulièrement sont les nouilles "la mian", qui sont agréables au goût (ce sont des nouilles de blé faites à la main donc vraiment fraîches) mais surtout c'est tellement impressionnant d'en regarder la fabrication!  “La mian” veut littéralement dire en chinois “nouilles tirées”. Au resto, on peut souvent observer la personne qui les confectionne, par une fenêtre qui donne sur la cuisine. Je n'ai vu que des hommes travailler cette pâte, avec leurs bras superbement musclés.   Donc le marmiton commence avec une banale boule de pâte ronde, jusqu’ici rien d’étonnant.  Puis il l’étire, et cette pâte devient un vrai élastique, un grand spaghetti tellement long qu’il pourrait s’en faire une corde à sauter.  Trois fois, quatre fois, il la replie toujours sur elle-même et la tire à nouveau en la tapant sur la table, cinq fois, six fois, sept fois, et on a perdu le fil de ces gestes rapides quand on réalise que ce n’est plus un gros spaghetti unique, mais une dizaines de nouilles, puis une vingtaine, puis ça ne fini plus, ça se multiplie à chaque extension de bras, c’est un vrai tour de magie et on a presque envie d’applaudir quand l’assiette arrive à notre table!  Ces nouilles peuvent servir à plusieurs plats, mais moi j’aime surtout les prendre en soupe toute simple, avec un bon bouillon.  D’avoir assisté au spectacle de la confection rend ces nouilles encore plus succulentes et c’est la raison pour laquelle j’aime ce met chinois, qui me donne à chaque fois l’impression de savourer une véritable oeuvre d’art!  Voici un lien avec de superbes photos:
http://twistedsifter.com/2009/09/la-mian-art-of-chinese-noodle-making/
Un grand coup de coeur qu’on a eu ici: les dumpling, ou jiaozi.  Les xiaolongbao dont j’ai parlé précédemment font parti de la famille, mais ils représentent une version plus sophistiquée, cuite à la vapeur en panier de bambou, qu’on ne peut envisager manger chez soi.  Mais ici je parle des dumplings du quotidien, ceux qu’on peut acheter tout chauds dans un stand de rue, qu’on peut fabriquer chez soi, ou qu’on trouve dans le rayon surgelé de toutes les épiceries.  Une Chinoise m’a déjà appris à les fabriquer moi-même et au bout de solides fous-rires et de plusieurs spécimens ratés, souvent déchirés, à l’aspect complètement difforme à force d’être manipulés maladroitement, j’en suis parvenue à réaliser des jiaozi décents, en demi-lune simple.  Je n’ai pas réussi par contre à maîtriser le travail final d’ornement de la pâte, dont seuls les Chinois sont capables, et qui donne au jiaozi l’aspect d’une jolie fleur.   Les ingrédients sont simples, viande hachée, le plus souvent du porc, ou bien des crevettes, légumes au choix, sauce soja, huile de sésame (les combinaisons sont infinies) on enferme des petites boules du mélange dans des pâtes rondes et on fait bouillir (on peut aussi frire ou cuire à la vapeur, mais je préfère bouilli, c'est plus simple).  Quand c'est cuit, on trempe dans une sauce au vinaigre chinois, sauce soya, ail et huile de sésame, c’est exquis. Il m’arrive quand même rarement de les fabriquer moi-même car ce que j’apprécie spécialement des jiaozi, c’est la facilité.  Que fait-on, les dimanches soirs, avec deux enfants affamés et un frigo vide?  On va au dépanneur acheter une barquette de jiaozi, c’est aussi naturel (et bien meilleur!) que d’aller acheter un hot-dog au casse-croûte du coin.


*la photo de ce post a été prise sur internet

Monday, June 13, 2011

Une expérience vraiment intéressante! (partie 1)

Le mois dernier j'ai eu l'honneur de contribuer au travail journalistique d'un ami de Guada, journaliste à Radio-Canada qui écrit des articles dans une revue pour l'émission L'Épicerie.  C'est donc un projet, qui consiste en une série d'articles sur les mets de différents pays.  L'équipe de L'Épicerie s'est donc intéressée à la colossale tradition culinaire de la Chine, et comme témoin, je leur ai amené mon modeste point de vue très subjectif.  Je partage donc avec vous ces petites chroniques que je lui ai envoyées, et dont vous retrouverez peut-être des bribes dans les prochaines parutions de la revue La Semaine:
La cuisine chinoise est vraiment variée et c'est dur de choisir!  Une spécialité Shanghaienne que j'adore c'est les xiaolongbao, ce sont de petits dumpling avec le plus souvent, de la viande ou du crabe à l'intérieur.  Ce qui les différencie des autres dumpling c'est qu'il y a de la soupe à l'intérieur, dans laquelle baigne la boule de viande.  Attention, cette soupe est brûlante, et la première fois qu'on mange des xiaolongbao on se brûle assurément, et on se brûle même lorsqu'on est habitué car c'est tellement bon qu'on les mange toujours avec empressement!




Un autre plat dont je ne me lasse pas, c'est les Xiaolong Xia, qui sont des écrevisses.  Ils sont pêchés en eau douce (nous en avons nous-même pêchés avec une corde attachée à un bout de bois, au bout de laquelle corde on accrochait un bout de pain)  L'endroit où nous les avons pêchés ressemblait plus à un fossé rempli d'eau sale, et on nous avait expliqué que les xiaolong xia nettoyaient le fond des ces petits ruisseaux.  Sur le coup ça m'avait passablement coupé l'appétit, mais en général en Chine on essaie de ne pas trop penser à la source de nos produits, sinon s'alimenter devient une expérience trop troublante.On achète les xiaolong xia vivants au marché ou on les mange au restaurant apprêtés de différentes façons, épicés, en curry, etc.  Moi j'adore à la Shanghaienne, avec gingembre, ail, sauce soja, oignon verts, du sucre et beaucoup d'huile!   Là je m'avance sur les ingrédients, c'est très imprécis car je n'ai jamais eu l'audace d'en préparer moi-même, c'est tellement meilleur quand c'est préparé par les Chinois!


Un incontournable en Chine, les Hot Pot!  C'est l'ancêtre de notre fondue chinoise québécoise, avec tellement plus de variété!  Quand on va au restaurant de hot pot, d'abord on choisi le bouillon de son choix.  Os de porc, champignon, curry, épicé, etc..... On a chacun sa petite casserole, ou bien on partage à deux si on se sent généreux. 
Ensuite on choisi ce qu'on veut mettre dedans.  En fait, on met tout ce qu'on veut dans un hot pot: viande, fruits de mer, légumes (moi j'aime prendre les champignons, c'est un grand bol avec toutes sortes de champignons: des blancs, des bruns, des longs, des petits, des picottés, des énormes qui sentent fort,etc)  L'autre jour il y avait même un escargot qui se promenait dans nos champignons, c'est dire si c'est frais!  On commande immanquablement des tranches fines de viande, et on peut aussi mettre des nouilles, des boules de viandes, du poisson, des huîtres, des vers (comme des gros vers de terre) et vraiment tous les légumes  qu'il est possible d'imaginer, même de la salade et des tomates! 
Nous avons découvert avec ravissement qu'il y avait un restaurant de Hot Pot juste en face de chez nous!  Par un soir de grande paresse, où nous n'avions pas très envie de sortir, ni de préparer à manger, on est allés s'y asseoir innocemment.  On ne s'était jamais trop posé la question du pourquoi il y avait un dessin de cobra dans la fenêtre et notre grand illettrisme en terre de Chine ne nous permet pas de toujours bien comprendre où on met les pieds.  Les enfants étaient occupés à caresser les mignons lapins et la grande oie dans leurs petites cages à l'entrée du resto, et nous regardions le menu, mi-horrifiés, mi-intrigués par la contenance de celui-ci.  Il s'agissait donc bien d'un restaurant de Hot Pot de serpent.  On a jeté un oeil au-dessus des cages à lapins, et il y avait des aquariums avec des serpents dedans.  Moi je suis toujours volontaire pour essayer, mais pour Audran (mon mari) il était hors de question de voir du serpent flotter dans la casserole.  Donc on a exploré le menu pour d'autres options: il y avait du lapin, évidemment, mais c'était pas évident de faire avaler ça aux enfants, qui étaient déjà en phase d'adoption des petites boules de poils blanches!  Il y avait de l'oie, bien sûr, nous l'avions sous les yeux en train de glousser et je n'avais pas le coeur de la voir se faire attraper par le chef.  Puis il y avait aussi sur le menu du cygne, de la biche, de la tortue enfin, ces jolis animaux inoffensifs qu'on voit dans les films de Disney.  Les enfants étaient déjà en larmes à l'idée que les gentils lapins finiraient à la "Fatal attraction" et nous cherchions les mots en chinois pour dire que nous n'allions pas manger finalement, sans être trop impolis.  Conclusion: On peut tout mettre dans un hot pot, mais veut-on vraiment tout manger?  




*la photo de jiaozi et celle de hotpot ont été prises sur internet

Sunday, June 12, 2011

Les chaleurs de Ninja

Depuis le temps que je n'ai rien écrit par ici, je ne sais pas trop par quoi commencer.  La dernière fois je vous parlais de notre chienne Ninja, reprenons à partir de là.  Alors Ninja a eu ses premières chaleurs et en pubère inexpérimentée, elle se lavait à moitié, continuait à se coucher sur nos vêtements avec sa grosse betterave saignante (on a la fâcheuse habitude de laisser traîner nos vêtements partout et elle a développé l'aussi fâcheuse habitude de se coucher dessus)  et on a dû la talonner avec la moppe pendant presque 2 semaines.  Elle a aussi rendu fous les chiens du quartier, je ne sais pas pourquoi mais les Chinois préfèrent définitivement avoir des mâles, je n'ai vu aucune femelle dans les environs et quand on a adopté Ninja au refuge, c'était presque exclusivement des femelles qui étaient à donner, donc qui avaient été abandonnées ou n'avaient jamais trouvé de maître.  Il y avait bien quelques mâles, mais c'était des détraqués mentaux que seul un dresseur de crocodiles féroces aurait pu adopter.  Bref, c'est pour dire que notre Ninja, elle a fait tourner la tête de tous les canidés des environs pendant ses chaleurs. Un matin moi et Claude sommes allées la promener, et la chienne a été encerclée de 6 chiens qui voulaient tous lui sentir le derrière, donc elle s'est retrouvée le cul flottant avec un chien qui s'était glissé en dessous d'elle et les 5 autres qui se dandinaient frénétiquement autour comme des asticots en essayant de grimper de toute part, ça avait l'air d'une grosse partouze et ça devenait assez embarrassant.  Claude m'a gentiment donné la laisse, les deux bonnes femmes qui promenaient les 6 chiens ne savaient pas trop comment réagir parce qu'elles les baladaient sans laisse, ne s'attendant pas, ce matin précis, de rencontrer l'incarnation canine de Pamela Anderson.  Il y avait même un chien qu'on croise à tous les matins, et qui avait toujours  pris soin d'ignorer dédaigneusement Ninja, jusqu'à ce jour.  C'est un vieux poméranien roux de 12 ans toujours bien brossé et convaincu de la supériorité de sa race, qui se promène la truffe en l'air en se dandinant le plumeau du cul.  En le voyant ce matin-là sautiller sur ses pattes arrières, j'ai bien cru qu'il allait faire une crise de coeur et tomber raide mort sur le trottoir.  Après la consternation devant ce spectacle bestial et un fou-rire incontrôlable avec Claude, j'ai dû réagir quand j'ai vu le regard de notre pauvre Ninja, qui fixait le vide de ses petites billes noires, et sa langue toute pendouillante qui traduisait son trouble et ça tournait au gang-bang non consenti et c'était pas les deux autres bonnes femmes qui allaient arrêter leurs pervers de chiens.   J'ai donc réussi à attraper notre Ninja dans le déferlement des poils, et nous l'avons vite ramenée à la maison en sécurité.
Sexyness

Le lendemain, Claude est partie pour le bus, et voyant qu'elle était un peu trop tôt, elle est revenue vers la maison.  Sur son retour, le chien errant des alentours et le vieux rouquin de poméranien l'ont interceptée et ont commencé à sentir son pantalon avec excitation.  Claude a couru jusqu'à la maison mais les deux cabots ont aussi pris la course, et quand j'ai ouvert la porte, ils ont tous déboulés à l'intérieur.  Dès le petit matin, avant le premier café, ça réveille bien de devoir attraper deux obsédés dans son salon!  Je sais même plus par quel moyen on les a sortis de la maison, mais on s'en ai débarrassé, et heureusement les chaleurs ont pris fin et notre belle Pamela Anderchienne est toujours chaste et innocente...  Jusqu'à ses prochaines chaleurs!